Les agrégateurs hyperlocaux (1) : qui sont-ils ?
28 juillet 2009 at 19 h 25 mi 2 commentaires
Ils rassemblent plus d’infos qu’une armée de correspondants sous-payés. Ils les trient et les mettent en forme avant que vos secrétaires de rédaction aient fini leur café. Problème : ils n’emploient pas (ou très peu) de journalistes.

On parle assez peu en France des « sites hyperlocaux ». Ils pourraient pourtant révolutionner le concept même d’information locale. Ces machines américaines déjà bien huilées sont des agrégateurs spécialisés dans l’info de proximité à l’échelle d’une ville, d’un quartier, d’une rue ou de la femme du voisin. Le New York Times leur a récemment consacré un article au titre évocateur : « Les sites hyperlocaux donnent les infos sans les journaux ». Pour les deux auteurs Claire Cain Miller et Brad Stone, Outside.in, Patch. ou EveryBlock comblent aujourd’hui le vide laissé par la déconfiture des canards américains. D’un autre côté (et selon le principe bien connu de la poule et de l’oeuf) le phénomène hyperlocal n’est peut-être pas pour rien dans les difficultés actuelles de la presse régionale US.
Voici donc un topo sur un sujet grave que je vous propose d’explorer en plusieurs parties et sur l’air de Goldorak : « Qui est-il ?/D’où vient-il ?/ Formidable robot, des temps nouvôôô ! ».
Hem…
Qui sont-ils ?

EveryBlock est une start-up employant moins de dix personnes dans un bureau de Chicago. Soutenue par une subvention d’1,1 millions de dollars de la Fondation Knight, elle a créé en deux ans des sites pour quinze villes américaines, incluant New-York, Seattle, Chicago et San-Francisco. Elle fournit des cartes interactives au Chicago Tribune et a récemment créé une application pour le New York Times permettant de suivre les élus locaux à la trace. « Nous avons une définition de l’information très ouverte : c’est quelque chose qui se produit près de chez vous », résume Adrian Holovaty, créateur d’EveryBlock et ancien du Washington Post.

Outside.in, basée à Brooklyn, est financée par des capitaux privés. La société propose ses flux d’informations à tous les médias qui souhaitent approfondir leur couverture locale, comme NBC. Son créateur, le journaliste Steven Berlin Johnson, est aussi l’inventeur du « “pothole paradox” ou “paradoxe du nid-de-poule”. Mal traduit, ça donne à peu près ça : « La réparation d’un nid-de-poule dans ma rue est une information très intéressante ; la réparation d’un nid-de-poule à deux rues de chez moi est la moins intéressante des informations inimaginables. » Difficile de mieux résumer le concept d’hyperlocal…

Patch a été conçu et financé par Tim Armstrong, chef exécutif d’AOL, déçu de trouver si peu d’informations sur sa petite commune du Connecticut. Patch a déjà créé des sites pour cinq villes du New Jersey et prévoit de couvrir une douzaine de localités avant fin 2009. « Nous pensons qu’il y a actuellement un manque dans la quantité, la qualité et l’accès de l’information à l’échelle de la communauté (…) », clame Jon Brod, co-fondateur. Patch est le seul à employer des journalistes pour couvrir les conseils municipaux ou les inaugurations de coffee-shops.
A suivre : Que font-ils ?
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