Sur MyReporter.com, les lecteurs posent les questions, les journalistes essaient d’y répondre

Myreport

MyReporter.com est une application remarquable, lancée il y a quelques mois par le StarNews, quotidien local de la commune de  Wilmington (80000 habitants, Caroline-du-Nord). Hébergée sur le site internet du journal, elle invite les lecteurs à soumettre des questions à la rédaction, laquelle s’efforce d’y répondre, souvent par le biais d’un article approfondi publié en ligne, voire sur l’imprimé.

Rien de très original, a priori : beaucoup de quotidiens ont une rubrique du genre « Les questions que vous vous posez » dans laquelle un journaliste ou un spécialiste explique, souvent d’un ton savant, le meilleur moyen de réduire ses impôts ou de tailler ses rosiers. De même, la toile fourmille de forums, de foire aux questions et de sites comme Reponseatout.com, permettant de confier son ignorance ou sa curiosité aux bonnes volontés de la communauté.

Mais MyReporter.com, vite embrassé par ses lecteurs et auréolé du Knight-Batten Citizen Media Award, fait beaucoup plus que cela. En invitant les lecteurs au début du processus de traitement de l’info, en créant un espace d’échanges privilégié avec la rédaction et en soignant le ton et le traitement des réponses, il permet :

1. De valoriser à la fois la curiosité des lecteurs et le travail des journalistes.
2. De mieux connaître les attentes et les préoccupations des lecteurs.
3. De trouver de nouvelles idées de sujets.
4. De bâtir, pour le journal et pour la communauté, une sorte d’encyclopédie évolutive locale, façon Wikipédia.

Son créateur, le développeur Vaughn Hagerty, a récemment publié un post sur Niemans Reports, expliquant en détail la genèse du projet, son fonctionnement et ses résultats au cours des derniers mois. En voici quelques extraits, sous la forme de questions (que je n’ai pas posées) et de réponses (que je me suis contenté de traduire)

Quel est le principe ?
« Tout bon journalisme commence par une question. Mais qui la pose ? Dans la plupart des rédactions, ce n’est pas le lecteur. Si le lecteur dispose d’un espace pour s’exprimer, c’est généralement pour réagir à ce qui a déjà été rapporté. Bien sûr, un sujet peut démarrer après l’appel d’un lecteur, mais la plupart du temps ce sont le rédacteur et son rédacteur en chef qui décident ce qui doit être couvert et les questions à poser pour cela. MyReporter.com a inversé cette dynamique. Désormais, les lecteurs sont placés au début du processus. « 

Comment ça marche ?
« Posez une question sur notre site internet, par e-mail ou via Twitter. Dans les 24 heures (ou un peu plus tard pendant les week-ends et les vacances), la rédaction vous précise comment elle compte répondre à votre question. Nous ne répondons pas aux questions sur des situations personnelles ou celles visant à résoudre un conflit privé, mais nous indiquons dans ce cas de possibles liens ou ressources. Les questions auxquelles nous décidons de répondre sont distribuées à l’équipe de rédacteurs, qui fournissent une réponse dans un laps de temps donné. Nous les publions ensuite sur le site, en mentionnant le nom de l’auteur de la question. »

Comment est née l’idée ?
« Comme beaucoup de journaux, nous utilisons des outils comme Twitter et les forums pour communiquer avec nos lecteurs. En écoutant nos lecteurs, nous est entendons souvent poser des questions comme « Quelles sont ces sirènes que je viens d’entendre dans le centre ville ? » ou « Le jardin de mon voisin n’est pas entretenu : auprès de qui puis-je me plaindre ? » Avec ça en tête, Robyn Tomlin (ndla: le rédacteur en chef du StarNews) nous a lancé un défi : comment notre rédaction pourrait-elle proposer un « bureau de renseignement » à la communauté ? (…) Quelques mois plus tard, nous avons lancé MyReporter. com avec environ 300 questions-réponses préparées par la rédaction, suivies ensuite par les nouvelles questions des lecteurs et nos réponses. D’abord publiées sur la « une » du site, toutes ces questions-réponses sont ensuite archivées. C’est la deuxième fonction du site : devenir une base d’information évolutive et éclectique pour notre communauté. »

Quelle a été la réaction des lecteurs ?
« Le concept était nouveau pour nous et pour la communauté. Nous ne savions pas comment les gens l’utiliserait ou s’il comprendraient comment s’en servir. Mais la réception a été très positive. Les deux premières semaines, nous avons reçu soixante questions, allant de « Comment puis-je contacter la personne responsable de l’entretien et du nettoiement des bords de route ? » à « Quelqu’un doit-il uriner sur moi si je me fais piquer par une méduse ? » Plusieurs questions ont débouché sur la rédaction d’un article ou ont servi de point de départ à une enquête originale.  Par exemple, La Caroline-du-Nord a récemment renforcé l’interdiction de fumer dans les lieux publics, dont les restaurants. La question d’un lecteur à propos des bars à narguilé s’est traduite par un article concluant que ces bars devraient fermer. »

Quelles conséquences sur le travail de la rédaction ?
« Le volume des questions a progressivement augmenté jusqu’à 75 par semaine, les deux-tiers débouchant sur de nouvelles réponses. Ce développement, tout en étant extrêmement gratifiant, a quand même pesé sur la rédaction. Nous consacrons l’équivalent d’un poste, un poste et demi, à MyReporter.com, sans embaucher de nouveaux journalistes. Depuis que MyReporter.com est devenu l’une des parties du site les plus populaires, nous avons le devoir de le rendre viable en trouvant de nouvelles sources de revenus (…). Le succès de MyReporter.com repose, en grande partie, sur la qualité des réponses et au fait que nous recourions a des reporters ou des secrétaires de rédaction professionnels. Nous ne voulons pas céder sur ce point mais nous voulons aussi préserver notre fonction principale qui est d’enquêter et d’écrire sur l’actualité quotidienne. En ce moment, nous essayons d’équilibrer ces deux activités, ce qui inclut d’être plus sélectifs sur les questions auxquelles nous répondons, et la recherche de nouvelles ressources, comme des experts locaux, pour nous aider. »

En quoi cela peut-il contribuer à améliorer le traitement de l’information ?
« A travers les questions qu’ils posent et leur utilisation de MyReporter.com, les lecteurs nous disent – ainsi qu’à l’ensemble de la communauté – ce qu’ils veulent savoir en priorité. Avec des questions très pertinentes, ils nous poussent à trouver des réponses qui soient à la hauteur (…). Mais MyReporter.com est aussi devenu un outil que nous utilisons pour penser l’ensemble de notre couverture locale. Il nous a conduit par exemple à donner plus de place à des thèmes comme le transport ou le développement local. MyReporter.com nous offre une fenêtre en temps réel sur la curiosité de notre communauté concernant la culture, l’histoire et les évènements de la région. C’est quelque chose que nous n’avions pas et ce pourrait bien être sa fonction qui a le plus de valeur. »

26 septembre 2009 at 17 h 30 mi 2 commentaires

Regioo.fr, porte-voix du web local français

Vous avez aimé cet article qui parle de votre ville ? Envie de faire connaître votre blog local ? De faire savoir au pays que votre maire est un escroc, un imbécile ou un génie  ? Partagez vos liens sur Regioo.fr.

Regioo.fr

Ce site, pour l’heure en version bêta, est, à ma connaissance, le premier « Digg-like » dédié à l’actualité locale et régionale en France. Son créateur, Nicolas Guillaume, concepteur, journaliste et blogeur citoyen à Besançon, le présente comme « une façon alternative » de promouvoir le web local français, il est vrai peu connu en dehors de ses campagnes (parlez-en avec Bertrand Soulier sur le réseau Web Local).

« Depuis l’avènement des blogs et du haut débit, un grand nombre de particuliers, d’associations mais également de petites collectivités ont lancé leur propre site. Bien souvent, ces sites ne sont destinés qu’à une cible hyperlocale et ne profitent pas d’une très grande visibilité », explique Nicolas Guillaume sur IT-Circle, son « blog pro ». 

Les médias régionaux et nationaux  sont aussi les bienvenus, même s’ils ne sont pas, à l’évidence, les premiers destinataires du projet. « La presse régionale pourrait peut être voir un intérêt à mettre en valeur des contenus sous-exposés sur ses sites, notamment ce qui concerne les petites communes », m’a-t-il précisé par mail.

Pour les novices du « social bookmarking »,  le principe d’un « Digg-Like » est de permettre aux utilisateurs de signaler des articles ou des sites de leur choix. Ces derniers sont notés par d’autres utilisateurs. Mieux ils sont notés, plus ils sont visibles, en tête d’une rubrique ou sur la page d’accueil. Bref, une hiérarchisation de l’info totalement subjective et basée sur la collaboration.

Sur Regioo.fr, la seule « indication » est de poster des sujets ayant une accroche locale ou régionale. Le site propose un tri par régions et permet aussi de créer des groupes locaux. S’il ne sait pas encore « comment le projet évoluera », Nicolas Guillaume songe notamment à ajouter une application GoogleMap pour faciliter les recherches.

A titre personnel, je trouve l’idée et la démarche intéressantes (on avance pas à pas, on signale les contenus au lieu de les « agréger » à son seul profit) même si, pour l’instant, le faible nombre de contributions ne permet pas vraiment de  juger de la pertinence de l’ensemble. Je m’interroge par exemple sur l’intérêt de donner une visibilité régionale ou nationale à des sujets qui, par définition, s’adressent à une audience locale (la fameuse loi du « mort kilométrique »).
Enfin, je pense que le rapport risque d’être vite déséquilibré entre un sujet léger mais localisé et rapporté par un grand média (ex. « Puff Daddy en vacances à Saint-Tropez ») et un sujet écrit sur un petit blog citoyen dont l’intérêt serait surtout local (ex. « Le maire de Cucugnan augmente le tarif des parkings »).
Cela pose en tout cas pas mal de questions sur la définition de l’info locale, sa perception, sa production et sa diffusion sur Internet.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus, Nicolas Guillaume explique plus longuement sa démarche. Il invite également annonceurs ou médias intéressés par son concept à le contacter.

20 août 2009 at 18 h 48 mi 3 commentaires

Les agrégateurs hyperlocaux (3) : que gagnent-ils ?

Ils repoussent les frontières de l’information locale, en dynamitent les coûts de distribution et de production (lire épisodes Un et Deux)… Et pourtant, ni Everyblock, ni Outside.in, ni Patch  n’a encore « trouvé le moyen de rendre ses activités rentables », nous dit The New York Times.
Pourquoi ? Parce que vendre de la pub locale sur Internet ça peut (parfois) rapporter gros mais c’est (toujours) compliqué…

coupons

Un marché en plein essor…
Google Ads ou pubs Facebook, annonces immo sur Craigslist, coupons à imprimer et découper sur le blog du coin… Selon la société d’expertise spécialisée Borrel Associates, les « local ads » pesaient déjà 12,7 milliards de dollars en 2008.
La progression est moins nette cette année même si le marché devrait atteindre 14 milliards. C’est près de 20% du total de la publicité on-line aux Etats-Unis (qui, elle, est en légère baisse) et plus de 12% de la publicité locale tous supports confondus (en baisse également).
Cette insolente santé en temps de crise s’explique en partie par la prudence des annonceurs, qui cherchent  à rentabiliser chaque dollar dépensé en communication. Pour caricaturer : on oublie le spot en prime-time sur NBC pour segmenter l’audience jusqu’au vertige (lieu de résidence, centres d’intérêts, groupes sociologiques…)
De même, les tous petits annonceurs privilégient les offres sûres (« Yellow Pages ») et adaptées à leurs maigres budgets comme, par exemple, la pub en self-service.

… mais de plus en plus concurrentiel
Cette « migration » en entraîne une autre : celle de la plupart des acteurs de l’internet qui, inquiets de la chute des recettes publicitaires nationales, renforcent leur offre locale. Ainsi, l’accord Microsoft-Yahoo !  comprend un important volet local destiné à contrer Qui-Vous-Savez.
Facebook et MySpace sont aussi de la partie. Selon Borrel Associates, les trois-quarts des recettes publicitaires de Facebook viennnent d’annonceurs locaux et les réseaux sociaux pèseraient déjà 20% du marché.
Pour les médias traditionnels, nationaux ou régionaux, « la ruée vers l’or local » prend des airs d’exode désespéré. En effet, si les experts annoncent un doublement du marché entre 2008 et 2013, les nouvelles recettes (32 milliards) ne suffiront pas à compenser le recul de la pub locale « hors ligne » .

…et soumis à un paradoxe…
Le fameux « pothole paradox », qui veut que les riverains d’un quartier se contrefichent des problèmes du quartier voisin, vaut aussi pour la pub : le nombre de lecteurs pour chaque page dédiée à une ville ou un quartier est, par nature, limité. « Quand vous descendez de plus en plus bas, vous avez une audience de plus en plus petite », résume un analyste interrogé par le New York Times. « Les annonceurs veulent pouvoir cibler leur audience au plus près, mais ils veulent aussi atteindre une audience large. »

Conclusion :
Les start-ups de « l’hyperlocal » peuvent peut-être se passer de journalistes, plus difficilement de vendeurs. Prises dans leur propre paradoxe, elles ont dû investir massivement pour démarcher une multitudes de petits commerces aux budgets microscopiques et pas toujours simple à convaincre ( « Ah bon, c’est pas pour les Pages Jaunes ? »)
Les partenariats entre sites hyperlocaux et médias traditionnels – Outside.in et NBC par exemple – visent ainsi à regrouper les forces de vente et fermer le « cercle parfait » : une audience ciblée mais massive pour les petits comme les gros annonceurs.
De même, Patch,  financé par le PDG d’AOL, a été racheté en juin dernier par… AOL. Au même titre que le moteur de recherche « Going » ou les services MapQuest, il fait désormais partie de « la stratégie globale et locale » du géant des médias.

« Small is beautiful » mais il est désormais une affaire de big ventures.

14 août 2009 at 14 h 11 mi 4 commentaires

Aux USA, la pub en self-service pour financer les sites d’info locale

FlyerBoard

Un article qui vaut peut-être de l’or sur NiemanJournalismLab :  « Selling ads without a sale force : a close look at PaperG’s flyerboard ».

L’auteur Michael Andersen revient sur le succès de « The Flyerboard », un système de publicité en self-service développé  depuis 2007 par PaperG. Il est déjà utilisé par une cinquantaine de sites locaux dont celui du Houston Chronicle et du Boston Globe. Et la start-up vient d’annoncer un deal avec la compagnie Hearst Newspapers, portant sur une quinzaine de nouveaux sites, dont celui du SF Gate.

The Flyerboard permet aux petits commerces (entre 100 et 10 000 dollars de budget) de créer  eux-mêmes leurs pubs en quelques clics. La réclame s’affiche ensuite, façon flyer, sur un tableau d’annonces. 

Le système a le triple mérite d’être simple pour l’annonceur, simple pour l’éditeur et simple pour le lecteur (détails en images sur Screenwerk). Il peut surtout rapporter gros : « Jusqu’à 100 000 dollars pour un site bien géré couvrant une commune de 40 000 habitants », assure PaperG.

L’article évoque trois autres systèmes comparables :

Celui d’AdReady, principal concurrent de PaperG, mais plutôt conçu pour les grands médias (New York Times, ESPN, Yahoo! …)

Le self-service de The Local, le réseau de blogs locaux du New York Times, déjà évoqué sur ce blog.

Mais aussi, ce sytème d’annonces « en temps réel » basé sur Twitter et développé par le MinnPost :  » Real-Time Ads ».

Alors qu’Internet permet aujourd’hui de couvrir l’information à l’échelle d’un pâté de maisons, le coût que représente la constitution d’une équipe de vendeurs est un frein sérieux à la rentabilité des sites « hyperlocaux ». D’autant que  le garagiste du coin n’est pas toujours facile à convaincre (A lire sur Buzz Machine : « The local ad opportunity (and the danger of losing it) »).

La pub en « self-service » serait ainsi le complément attendu, voire l’alternative, aux systèmes « partagés » comme GoogleAds.

5 août 2009 at 16 h 15 mi 3 commentaires

Les agrégateurs hyperlocaux(2) : que font-ils ?

La suite de notre palpitante série sur les agrégateurs hyperlocaux à la sauce américaine…

Nous sommes le 29 juillet. Vous résidez  au 175, Lexington Avenue à Manatthan. Voici ce que vous trouvez sur le portail d’EveryBlock…

EveryBLexII

 

Seize photos, un lien vers un article du New York Times dans lequel est cité votre sénateur et une liste de restaurants de quartier récemment « notés ». C’est tout pour la journée et votre modeste « block » mais vous avez le concept.

Certains vendent des pommes, des poires et  des scoubidous. Les agrégateurs locaux font dans les flux, les données et… les pâtés de maison.

 «Nous avons des flux provenant de milliers de sources et nous pouvons fournir des données en fonction d’une ville, d’un état, d’un quartier, d’une adresse et de coordonnées géographiques (latitude-longitude) », explique le PDG d’Ouside.in Mark Josephson au blog BDNET Media . 

Articles de médias, posts de blogs, photos, vidéos ou commentaires postés sur les sites sociaux… Aussi forts en maths qu’en géographie, les robots d’Outside.in, de Patch ou d’EveryBlock parcourent  la toile à la recherche de tout ce qui ressemble à une information localisable. Les algorithmes d’Outside.in sont, par exemple, programmés pour reconnaître des prépositions  comme « à », « en » ou  « près de ». Ils puisent enfin dans les innombrables bases de données publiques ou privées disponibles aux Etats-Unis (crimes et délits, permis de construire, inspections de restaurants, annonces immobilières, n’importe quoi…). 

Baltimore crime map (Outside.in)

Baltimore crime map (Outside.in)

La plupart des techniques utilisées ne sont pas nouvelles ( « The Rise of Hyperlocal » sur ReadWriteWeb). Elles ont suivi le développement de qu’on appelle le « géoweb ». Soit, en très gros, l’ensemble des méthodes d’indexation faisant référence à un lieu ou une position (nom de ville, code postal, adresse IP, GPS, signal de téléphonie mobile). Une requête bien formulée sur MSN Local ou l’utilisation des multiples outils Google (Maps, News, Reader, TimeLine) peut donner des résultats similaires. Mais en plus d’être de bons « spécialistes », les agrégateurs hyperlocaux sont de redoutables « assembleurs ».

Leurs données fournissent la matière de dizaines d’applications (cartes, tableaux,graphiques, répertoires dynamiques) directement exploitées ou bien proposées aux médias « traditionnels » et aux blogs.

Le résultat peut être décevant : statistiques froides et sans « background » (un peu génant pour le report de crimes et délits à Chicago par exemple), flux mal hierarchisés (des posts indigestes à côté de bons articles) ou hors-sujets.

Il peut aussi être bluffant, notamment lorsqu’il est combiné avec le travail d’une rédaction comme le New-York Times ou relayé par une communauté online dynamique comme sur Patch.

Illustrations by Tom Manning for IDEO | Photographs by Nicolas Zurcher with IDEO

Illustrations by Tom Manning for IDEO | Photographs by Nicolas Zurcher with IDEO

 

 Et ce n’est qu’un début. Récemment, le site Fastcompany.com demandé à une équipe de designers d’imaginer l’avenir de l’information hyperlocale. Ça donne « News Flash From the future : What will journalism look like ? ». Une vision sidérante d’une ville où chaque habitant conçoit et reçoit l’information en temps réel, en fonction de ses goûts et de ses déplacements. La géolocalisation via les téléphones mobiles est l’axe de développement le plus prometteur. Outside.in et EveryBlock proposent déjà des applications sur I-Phone.

A suivre : que gagnent-ils ?

30 juillet 2009 at 13 h 04 mi 2 commentaires

Les agrégateurs hyperlocaux (1) : qui sont-ils ?

Ils rassemblent plus d’infos qu’une armée de correspondants sous-payés. Ils les trient et les mettent en forme avant que vos secrétaires de rédaction aient fini leur café. Problème : ils n’emploient pas (ou très peu) de journalistes.

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On parle assez peu en France des « sites hyperlocaux ».  Ils pourraient pourtant révolutionner le concept même d’information locale. Ces machines américaines déjà bien huilées sont des agrégateurs spécialisés dans l’info de proximité à l’échelle d’une ville, d’un quartier, d’une rue ou de la femme du voisin. Le New York Times leur a récemment consacré un article au titre évocateur : « Les sites hyperlocaux donnent les infos sans les journaux ».  Pour les deux auteurs Claire Cain Miller et Brad Stone, Outside.in, Patch. ou EveryBlock comblent aujourd’hui le vide laissé par la déconfiture des canards américains. D’un autre côté (et selon le principe bien connu de la poule et de l’oeuf) le phénomène hyperlocal n’est peut-être pas pour rien dans les difficultés actuelles de la presse régionale US.

Voici donc un topo sur un sujet grave que je vous propose d’explorer en plusieurs parties et sur l’air de Goldorak : « Qui est-il ?/D’où vient-il ?/ Formidable robot, des temps nouvôôô ! ».

Hem…

Qui sont-ils ?

EveryBlock

EveryBlock est une start-up employant moins de dix personnes dans un bureau de Chicago. Soutenue par une subvention d’1,1 millions de dollars de la Fondation Knight, elle a créé en deux ans des sites pour quinze villes américaines, incluant New-York, Seattle, Chicago et San-Francisco. Elle fournit des cartes interactives au Chicago Tribune et a récemment créé une application pour le New York Times permettant de suivre les élus locaux à la trace. « Nous avons une définition de l’information très ouverte : c’est quelque chose qui se produit près de chez vous », résume Adrian Holovaty, créateur d’EveryBlock et ancien du Washington Post.

OutsideII

 Outside.in, basée à Brooklyn, est financée par des capitaux privés. La société propose ses flux d’informations à tous les médias qui souhaitent approfondir leur couverture locale, comme NBC. Son créateur, le journaliste Steven Berlin Johnson, est aussi l’inventeur du « “pothole paradox” ou “paradoxe du nid-de-poule”. Mal traduit, ça donne à peu près ça : « La réparation d’un nid-de-poule dans ma rue est une information très intéressante ; la réparation d’un nid-de-poule à deux rues de chez moi est la moins intéressante des informations inimaginables. »  Difficile de mieux résumer le concept d’hyperlocal…

PatchII

Patch a été conçu et financé par Tim Armstrong, chef exécutif d’AOL, déçu de trouver si peu d’informations sur sa petite commune du Connecticut. Patch a déjà créé des sites pour cinq villes du New Jersey et prévoit de couvrir une douzaine de localités avant fin 2009. « Nous pensons qu’il y a actuellement un manque dans la quantité, la qualité et l’accès de l’information à l’échelle de la communauté (…) », clame Jon Brod, co-fondateur. Patch est le seul à employer des journalistes pour couvrir les conseils municipaux ou les inaugurations de coffee-shops.

A suivre : Que font-ils ?

28 juillet 2009 at 19 h 25 mi 2 commentaires

laprovence.com critiqué pour sa couverture « live » de l’incendie de Marseille

Pas assez réactif, pas assez collaboratif et « absent » pendant la nuit… Le site internet de La Provence (Groupe Hersant Média, dont je fais partie) a été critiqué par plusieurs internautes pour sa couverture « live » de l’incendie qui a frappé la région de Marseille, entre mercredi après-midi et jeudi matin.

En gros, les internautes reprochent au site de presse régional de ne pas avoir rapporté certaines informations relayées par d’autres médias (notamment sur la progression des flammes et le nombre de maisons brûlées), de ne pas avoir mis en ligne de nouveaux articles pendant la nuit, et de ne pas avoir fait assez confiance aux contributions des internautes.

Le site de La Provence a mis en ligne jeudi midi un post justifiant sa couverture de l’événement. La rédaction estime avoir informé « en temps réel les internautes ». Elle explique aussi que si certaines informations n’ont pas été relayées immédiatement, c’est par souci de « vérification » et afin de « ne pas propager des rumeurs, qui auraient pu provoquer des mouvements de panique ».

Ironiquement, c’est à la suite de ce post que l’on trouve les commentaires les plus acerbes.

«Temps réel ?  Ce sont NOUS internautes qui avons fait vivre votre site et donné toutes les infos ! », écrit Petrus13, qui, parce qu’il n’en a pas croisés, peine à croire que des journalistes de La Provence ont couvert le feu. «  Je ne vous ai pas vu », dit-il.

« Ah, c’est sûr si valbuena (un joueur de l’OM. Ndla) a une gastro ou si le chauffeur du bus des joueurs a des hémmoroîdes (sic) là on le saura dans la seconde, mais des infos sur un incendie passé 23 h oulha compliqué », ironise Masterkiller.

Plus indulgent, Werwandlung pose la question : « « Un quotidien local peut-il se permettre de diffuser en 24 /24 un flux d’info live ? « .   » Le problème de la remontée d’information sur un événement de ce type est bien plus large », écrit-il, poitant au passage le retard des autorités locales en matière de communication internet  » Il y a quelques temps, les pompiers de Los Angeles informaient la population des avancées des incendies sur Twitter en live et via des cartes mashup.google.map. La préfecture aurait assez facilement pu faire un point toutes les heures (notamment concernant les évacuations et les zones de foyers) par un bulletin online. »

L’historique de laprovence.com montre que le site a mise en ligne une quarantaine d’articles ou de dépêches (signées Reuters, rappelons que La Provence n’est plus abonnée à l’AFP) sur l’incendie, entre mercredi après-midi, 14h08, et le lendemain vers 17 heures. Aucun article n’a été publié entre 00h43 et 07h08 dans la nuit de mercredi et jeudi.
Le mode d’indexation du site ne permet pas de voir si des articles ont pu être complétés. De nombreux commentaires ont en revanche été écrits tout au long de la nuit, en queue d’articles ou sur le forum.  Enfin, laprovence.com a commencé dès le jeudi matin à publier des photos prises par des internautes.

Qu’en pensez-vous ?

23 juillet 2009 at 16 h 35 mi 1 commentaire

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